La vie est dur dans le Golfe de Gascogne

Le premier jour j’ai vomi, c’était pas très cool.
Le deuxième jour, moi et Adèle, on a inventé une chanson de Tintin avec des gros mots. – Agathe

« Aujourd’hui j’ai pas vomi! » – Adèle

On l’a fait! On a traversé le Gascogne et ça a bien cogné. Pourtant, les prévisions météo nous promettaient une balade tranquille dans dix nœuds de vent et un mètre de vague. Dès que la houle nous a balancés, on a commencé à vomir à tour de rôle. J’ai eu du plaisir jusqu’à la fin de mon premier quart. Le ciel était trop beau, c’était paisible. Puis, durant cette même première nuit de la traversée, le vent a calé. Mais la houle était toujours là à nous balancer. On a mis le moteur et l’odeur des gaz d’échappement m’a fait vomir. Au petit matin on a envoyé le spi et profité du soleil, puis les conditions se sont musclées, le vent a tourné et les vagues sont montées. On a changé de cap pour rejoindre Santander au lieu de Gijon. Pour raccourcir et pouvoir rejoindre la terre en ligne droite. Je raconte ça, mais c’est comme si j’avais rêvé ou cauchemardé. Je ne suis plus trop sûr de rien. Sur le moment, j’avais juste envie d’arriver à terre. Et d’abandonner ce projet de voyage. C’est horrible de voir ses amis et ses enfants vomir et être mal. A quoi ça sert…. franchement ce n’est pas ça que je voulais. Le but c’est de profiter de la vie, de passer des moments ensemble. Là personne ne parle, on est en mode survie. On prend nos quarts quand c’est à nous et les gamines sont dans leur chambre….

Le plus beau moment, c’est quand Agathe et Adèle allaient mieux. Elles chantaient et arrivaient à faire les andouilles. Ça m’a rassurée! On peut peut-être vivre dans un bateau qui bouge. On s’y fera?
Je ne sais plus quel jour on est… je me sens comme un lendemain de fête. J’ai trop picolé ? Ça tourne….
Après la douche et avoir lavé le bateau, on a mangé tous ensemble et on a été visiter Santander. C’est super ! plein de vie et de couleurs ! – Muriel

Je sais pourquoi je ne fais pas 3 semaines de transatlantique. La sortie entre le continent et l’île d’Oléron, tout va bien. Il fait beau y a du vent, le bateau marche bien.
On passe la pointe nord, on croise de la houle et celle-ci ne va pas nous quitter. Mais moi, la houle, je n’aime pas. Je pense que 30 min après ce passage de la pointe, je me sens déjà pas au top. Je fais bonne figure, je barre le bateau (ça va mieux quand tu barres). Plus le temps passe et plus les choses deviennent difficiles. Hors de question de se rendre dans la cabine sans vomir direct! Bon « ça va aller ». On démarre les quarts de nuit. Ce n’est pas vraiment du plaisir. Juste naviguer, tenir le cap 230, surveiller autour de nous. Et attendre le moment où on pourra aller se coucher. Il faudra attendre les 4h du matin pour que j’arrive à dormir. Je me réveille par contre pour le lever du soleil. C’est un peu réconfortant. Précisions, je n’ai rien soupé et j’ai déjà fait plein d’offrandes à Neptune. Au matin du deuxième jour, on hisse le spi. C’est cool et on avance bien. La houle est toujours là.
On passe la deuxième journée en silence à somnoler comme on peut. La journée est presque terminée et le vent forcit. On atteint les 20 nœuds (rien de ce qui était annoncé). Je commence par dormir et quand je reviens, on a déjà 30 nœuds de vent, deux ris dans la GV et le foc. Notre foutu cap 230 n’est pas bon pour la houle. On change finalement pour aller au 160 qui raccourcit le trajet de quelques heures. C’est mieux pour la houle et pour l’esprit.
J’ai fini la nuit, j’ai mangé une tranche de pain et bu une tasse d’eau en tout et pour tous. Avant le matin, on arrive devant la côte espagnole, noire et salvatrice avec un phare qui nous indique qu’on est bientôt arrivé et un vent qui a fini par tomber. La rentrée dans la baie et le chenal se fait tranquillement et toujours pas très vaillamment.
Arrivés sain et sauf et déjà difficile de se souvenir de ces 48h de nav…! – Louis-Samuel

Si tu veux te faire une idée de l’enfer sur terre, traverse de Golfe de Gascogne à la voile. Il porte d’ailleurs bien son nom, le Golfe de Gas-COGNE! Le vent était pourtant exceptionnellement favorable et idéalement établi entre 20 et 35 nœuds, on a navigué pratiquement 48 heures entre le travers et le largue, une allure très confortable dans une situation « normale ». Mais là… c’était la guerre! La vague était hachée, elle nous faisait lofer intempestivement de 50 degrés et parfois elle a même déferlé sur le pont sans prévenir. Résultat, le pique-nique avait un goûte bien salé…

Je retiens malgré tout quelques moments très beaux, voire magiques: un oiseau minuscule, perdu dans le large est venu se poser sur le bateau. Une sorte de mésange charbonnière plus petite, avec un bec long et fin. Il avait l’air perdu, affamé et désorienté. Il s’est posé tour à tour sur le bras de chacun de nous, comme pour demander de l’aide. Mais comme personne ne parle l’oiseau, on n’a pas compris ce qu’il voulait. Il a fait le tour du bateau, nous avons tenté de lui proposer de l’eau et des morceaux de pâtes de la soupe instantanée, mais il n’a ni bu ni mangé. Après quelques minutes magiques, il est reparti.

Puis il y a eu la lune qui, au moment de se coucher, se colorait d’un rouge puissant qui laisse présager une belle éclipse vendredi prochain. Et puis, évidemment le coucher et le lever du soleil, splendide en pleine mer. Impossible de voir ces deux moments entiers ailleurs que là, au milieu de nulle part entre La Rochelle et Santander.

Là, je suis fatigué, encore barbouillé et fatigué de ces looooongues 48 heures en mer. Va falloir quelques heures encore pour récupérer et pouvoir ne serait-ce qu’envisager reprendre la mer…- Pierre-Michel

Petite mine, mais pas encore de vomi.
Bon…on a fait que des photos quand c’était super!
Ca va comment ?
Tout va bien! Magnifique ce spi.
Ho de la visite!
On est en Espagne !
Faut reprendre des forces.
Comment visiter sans effort!
Visite de Santander après 48 heuresvdans l’enfer du Golf de Gascogne.

4 thoughts on “La vie est dur dans le Golfe de Gascogne

  1. Bien joué et bravo pour cette navigation dantesque! Y a ces moments où on comprend plus trop le pourquoi du comment… Cela rend certainement les autres instants encore plus agréables.. 😉

  2. Heureux de vous savoir arrivés…
    Bonne visite. Profitez, la mer semble mauvaise cette nuit…
    Bonne suite.

  3. Quand tu commences a avoir l’estomac qui chatouille essaie de mâcher un chewing gum ça fait travailler ton estomac et en principe ca va mieux
    Dom

  4. Hello la compagnie !
    Mais quel plaisir de vous lire, même si la nav semble un peu chaotique pour un début 😅 Courage ! Et profitez bien de l’Espagne 🥰
    Pour l’oiseau, il s’agit d’un pouillot (par contre lequel… je ne peux pas le dire. Le Pouillot fitis peut être ?).

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